Catherine Gillet : une quête de l’infini par le chemin de l’infime
- lu dong
- 27 janv.
- 2 min de lecture
Une trajectoire façonnée par l’estampe
Née en 1960 au Blanc (Indre), Catherine Gillet est formée à l’École supérieure d’art et de design d’Orléans, où elle obtient en 1984 un DNSEP en gravure et volume. Installée aujourd’hui près de Dreux, elle développe une pratique exigeante entre gravure au burin, dessin et recherche en volume. Présentée en France et à l’international — du Canada au Japon — son œuvre a été récompensée par de nombreux prix, dont le prestigieux prix Lacourière.
Membre active des grandes associations d’estampe contemporaine, elle s’engage également dans la transmission à travers l’animation d’ateliers et la formation à la gravure au burin.
Une écriture sensible entre peau et mémoire
La démarche de Catherine Gillet est traversée par la chair, les cicatrices et les plis secrets du vivant. Son travail cherche à saisir les traces du temps à travers un dialogue subtil entre l’ombre et la lumière, l’infime et l’invisible.
Le burin impose un temps long, une lenteur choisie où la forme émerge progressivement. L’artiste n’imprime aucune épreuve avant l’achèvement d’une série, laissant la recherche guider le geste. Dans ses gravures, microcosme et macrocosme se rejoignent : l’intime devient paysage, le fragment devient monde.
L’empreinte de l’organique et du minéral
Oscillant entre le marin, le terrestre et le céleste, l’univers plastique de Catherine Gillet se déploie comme une cartographie intérieure. L’encrage de la matrice engage le corps — paume, avant-bras — dans une relation physique avec le cuivre.
Le burin, outil sans repentir, creuse directement le métal et révèle une écriture intime faite de suspensions, d’effacements et de surgissements. Dans l’exposition Entrée en matière (2024), présentée à LooLooLook Gallery, gravures, bronzes et dessins marouflés sur bois glané en forêt évoquent la fragilité du vivant et l’impermanence de l’existence.
Une présence internationale, entre reconnaissance et discrétion
Depuis près de quarante ans, Catherine Gillet expose en France, en Europe, au Canada et en Asie. Ses œuvres intègrent des collections publiques majeures telles que la BnF, l’Institut de France, le musée de Kochi ou la Tama Art University à Tokyo.
Invitée d’honneur de la Fondation Taylor en 2025, elle affirme une écriture contemporaine profondément ancrée dans l’histoire de l’estampe, où le burin devient un langage sensible, capable de saisir les marques du temps.
Un dialogue avec LooLooLook Gallery
Le travail de Catherine Gillet résonne pleinement avec la vocation de LooLooLook Gallery : défendre des démarches sensibles, des savoir-faire exigeants et des pratiques inscrites dans le temps long.
Ses gravures au burin rappellent que l’art est un espace de résistance, où la lenteur devient force, et où l’infime révèle l’infini. La collaboration engagée avec l’artiste s’inscrit dans la durée, afin de valoriser à la fois son œuvre et la transmission d’un geste à la fois archaïque et résolument contemporain.
Prolonger la rencontre
Découvrir l’œuvre de Catherine Gillet, c’est entrer dans un temps ralenti, attentif aux gestes, à la matière et aux traces du vivant. Pour celles et ceux qui souhaitent aller plus loin, il est possible de prendre rendez-vous pour visiter son atelier, échanger avec l’artiste et découvrir de près son processus de gravure au burin.
Cette rencontre privilégiée permet d’approfondir le dialogue autour de son travail, de comprendre la lenteur et la précision du geste, et d’explorer les œuvres et éditions actuellement disponibles.



































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