Ligne intérieure #2 : Sophie Bloch × Xia JiQing, de Paris à Hangzhou
Ligne intérieure #2 - De deux trajectoires à un dialogue
Sophie Bloch × Xia JiQing | 2026 / 2027 · Paris - Hangzhou
Après une première édition de Ligne intérieure, LooLooLook Gallery poursuit en 2026–2027 une réflexion curatoriale autour de ce qui relie une œuvre à son mouvement intérieur, en portant l’attention sur les forces, les gestes et les transformations de la matière qui se jouent au-delà de sa forme visible.
Pour cette deuxième édition, nous avons choisi de faire dialoguer Sophie Bloch, artiste française, et Xia JiQing, artiste chinois. Leurs pratiques, leurs matériaux et leurs contextes de création sont différents, mais leurs recherches se rejoignent dans une même attention portée aux forces qui traversent la matière et à la manière dont celles-ci peuvent faire naître une forme, un déplacement ou une tension.
Plutôt que de commencer directement par leur rencontre, nous avons choisi de construire le projet dans le temps, en laissant d’abord chaque artiste développer son propre univers. Deux expositions personnelles en 2026 constituent ainsi les premières étapes d’une trajectoire curatoriale qui trouvera son point de rencontre en 2027.
2026 — Sophie Bloch, Reliefs

Dans son travail, Sophie Bloch part du mouvement, de la profondeur et du flux pour faire progressivement émerger la matière. À travers son projet Outre Mer, l’onde, la vague et le paysage ne sont pas envisagés comme de simples motifs, mais comme des états successifs de la forme, où un espace fluide peut peu à peu acquérir une densité et une présence presque géologique.
Son travail pose ainsi une question essentielle : comment un espace en mouvement peut-il progressivement devenir une forme ?


2026 — Xia JiQing, La gravité ascendante / 向上的重力

Chez Xia JiQing, le mouvement s’élabore à partir de la matière elle-même. Le charbon, l’encre, les structures et les formes géométriques donnent naissance à des tensions où le poids, la gravité et l’équilibre deviennent les conditions d’un déplacement possible. La matière dense ne constitue donc pas un point d’arrivée, mais le point de départ d’une recherche sur la force et l’élévation.
Dans cette perspective, la matière devient poids, le poids devient tension, la tension devient mouvement et le mouvement devient élan. La question qui traverse son travail est alors celle de la possibilité, pour une matière lourde et contrainte par la gravité, de trouver une direction ascendante.


Ces deux expositions permettent ainsi de faire apparaître deux trajectoires singulières : chez Sophie Bloch, le mouvement conduit progressivement vers la matière et le relief ; chez Xia JiQing, la matière devient le point de départ d’un mouvement qui cherche à s’élever.
2027 — Sophie Bloch × Xia JiQing, HORIZONS DE FORCE
C’est à partir de cette double expérience que le dialogue prendra forme en 2027 avec HORIZONS DE FORCE, présenté d’abord à Paris en avril, puis à Hangzhou en octobre.
Cette rencontre ne sera pas construite sur une opposition entre bleu et noir, huile et charbon, France et Chine, horizontal et vertical. Ces différences constituent plutôt les éléments à partir desquels une recherche commune peut se construire, en déplaçant le regard vers le geste, la trace et les transformations de la matière.
Pour cette exposition, le monotype de Sophie Bloch et l’encre de Xia JiQing constitueront les deux langages du dialogue. L’empreinte, la pression, le dépôt, l’effacement et la trace permettront d’explorer un territoire où le geste devient matière et où la matière conserve la mémoire d’un mouvement.
Une question commune pourra alors émerger : comment une force devient-elle une trace ?
Pourquoi « Ligne intérieure » ?
Parce que cette ligne ne désigne pas une forme visible, mais ce qui relie intérieurement les œuvres et leur donne leur dynamique. Elle se situe dans le geste, dans la relation entre le corps et la matière, dans les tensions qui précèdent la forme et dans les forces qui continuent de l’habiter.
Avec Sophie Bloch et Xia JiQing, cette ligne prend deux directions différentes avant de se rejoindre : l’une fait progressivement émerger la forme à partir du mouvement, tandis que l’autre cherche le mouvement à partir du poids de la matière.
Ligne intérieure #2 est ainsi conçue comme une seule trajectoire curatoriale, déployée sur deux années et deux territoires, qui commence par deux recherches individuelles avant de créer les conditions d’un dialogue véritable entre Paris et Hangzhou.
Deux artistes, deux trajectoires, une rencontre : HORIZONS DE FORCE.




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