SongLin Ji - 山飘过? Quand la montagne passe ?
Dernière mise à jour : 12 oct.
Une exposition à Lyon en résonance avec la Biennale
L’exposition est organisée par le Nouvel Institut Franco-Chinois de Lyon et LooLooLook Gallery, en résonance avec la 18e Biennale de Lyon.
Du 1er octobre au 1er novembre 2026 Nouvel Institut Franco-Chinois de Lyon 2 rue Sœur Bouvier, 69005 Lyon

Présentée dans le cadre de Trames, parcours artistique initié par le Nouvel Institut Franco-Chinois, l’exposition entre en résonance avec la Biennale de Lyon 2026 et son invitation à penser les passages, les transformations et les circulations. La 18e édition, intitulée Passer d’un rêve à l’autre, explore notamment les changements de perception, les imaginaires collectifs et les processus par lesquels ce qui soutient nos existences est transformé et mis en circulation.
Chez SongLin Ji, la montagne devient précisément un espace de passage.
Entre paysage et mémoire, Chine et France, geste individuel et structure collective, matière et imaginaire, elle ne cesse de se transformer.
Quand la montagne passe
Que reste-t-il d'une montagne lorsqu'elle change de forme ?
Une image ? Une matière ? Une mémoire ? Un geste ?
Le titre Quand la montagne passe ? contient déjà une ambiguïté.
La montagne semble immobile, ancienne, presque éternelle. Pourtant, elle est traversée par le temps, l'exploitation, le déplacement des populations, les transformations du territoire et les récits que les hommes y déposent.
Dans l'œuvre de SongLin Ji, la montagne n'est donc jamais seulement un paysage.
Elle devient un lieu où se rencontrent la mémoire, le travail, la matière et l'expérience humaine.
Formé à la sculpture traditionnelle chinoise à Shenzhen avant de poursuivre ses études dans les écoles d'art de Dunkerque et de Tourcoing, SongLin Ji développe aujourd'hui une pratique qui associe encre, peinture, sculpture, installation, photographie et film expérimental. Son travail s'intéresse notamment aux relations entre l'individu et le collectif, aux normes, à la répétition et aux structures qui façonnent nos existences.

Une ligne après l'autre
Dans les œuvres de SongLin Ji, tout peut commencer par un geste extrêmement simple : tracer une ligne.
Puis une autre. Et encore une autre.
Sur le papier xuan, l'artiste répète méthodiquement le même geste jusqu'à faire apparaître une surface dense, vibrante, presque hypnotique. À première vue, les lignes semblent identiques. Pourtant, aucune ne l'est réellement.
La répétition produit ainsi paradoxalement de la différence.
Chaque ligne devient une unité. Leur ensemble devient une société.
Cette pratique porte en elle une réflexion sur la relation entre l'individu et le collectif : comment rester singulier au sein d'une structure qui impose l'ordre, le rythme et la répétition ?
L'expérience de SongLin Ji, notamment son passage par deux années de formation militaire en Chine, nourrit cette réflexion sur la discipline, les structures collectives et les gestes répétés.
L'encre devient alors plus qu'une technique traditionnelle.
Elle devient une expérience du temps, du corps et de la présence.
L'encre comme paysage intérieur

Dans cette œuvre, la matière du papier et la densité de l'encre créent un espace où le regard ne rencontre pas immédiatement une image identifiable.
Il faut regarder. S'approcher. S'éloigner. Laisser apparaître progressivement les variations du geste.
Chez SongLin Ji, l'encre ne cherche pas nécessairement à représenter un paysage extérieur. Elle peut devenir la trace d'une expérience, une accumulation de gestes, une mémoire rendue visible.
La tradition de la peinture chinoise est ici déplacée vers une interrogation contemporaine : que peut encore raconter une ligne lorsqu'elle cesse de représenter pour simplement être là ?

Dans Entre Deux Souffles, la composition semble s'organiser autour d'un espace central.
Un cercle apparaît comme une ouverture, une respiration, un seuil.
Autour de ce vide, les lignes se concentrent et se déploient.
Le regard est attiré vers le centre, puis repoussé vers la périphérie.
Le plein et le vide ne s'opposent plus : ils deviennent les deux dimensions d'une même expérience.
Cette tension entre présence et absence, entre ordre et variation, traverse une grande partie du travail de SongLin Ji.
L'œuvre ne raconte pas un événement. Elle crée une expérience.
Manger la montagne
Manger la montagne, 2020Vidéo — 15'55''
C'est peut-être dans Manger la montagne que la question de la montagne prend sa dimension la plus directe.
Le projet est né d'une rencontre avec les paysages miniers du Nord de la France et d'une réflexion sur leur résonance avec les paysages miniers chinois.
La montagne n'est plus seulement ce que l'on regarde.
Elle est ce que l'on transforme, exploite, traverse et consomme.
L'expression chinoise « vivre de la montagne » devient alors le point de départ d'une interrogation plus profonde :
Qui mange réellement la montagne, et qui est continuellement consommé ?
L'œuvre circule entre Chine et France.
La première partie adopte la forme d'un faux documentaire, oscillant entre réalité et fiction. La seconde se déploie en France, sur les vestiges de paysages miniers, à travers des actions performatives et symboliques.
Quatre personnages identiques, portant des masques blancs, accomplissent des gestes dont la logique reste volontairement incertaine : enfouir des couleurs, provoquer une explosion, planter des images, transformer la matière.
Le film ne cherche pas à donner une réponse.
L'image devient une question.
Entre encre, image et matière
L'exposition Quand la montagne passe ? réunit plusieurs dimensions du travail de SongLin Ji :
l'encre, avec ses surfaces de lignes et ses variations presque imperceptibles ;
le papier xuan, support traditionnel devenu espace d'expérimentation contemporaine ;
la vidéo, qui introduit le mouvement, le récit fragmenté et la fiction ;
Ces médiums ne constituent pas des pratiques séparées.
Ils participent d'une même recherche : rendre visibles des structures, des expériences et des mémoires qui sont difficiles à saisir directement.
Le geste devient trace.
La trace devient mémoire.
La mémoire devient paysage.
Et le paysage, à son tour, devient matière à transformer.
SongLin Ji : une pratique entre tradition et déplacement
Né en 1988 dans la province de l'Anhui, en Chine, SongLin Ji vit et travaille aujourd'hui à Lille.
Après une formation en sculpture traditionnelle chinoise à l'Université de Shenzhen, il poursuit ses études en art contemporain en France et obtient son DNSEP en 2019.
Son parcours entre deux cultures constitue l'un des fondements de sa pratique.
Ses œuvres interrogent la place de l'individu dans des structures collectives et la manière dont les normes, les gestes et les expériences sociales façonnent notre rapport au monde. Dans ses encres comme dans ses films et installations, il explore ainsi une zone située entre ordre et liberté, répétition et singularité, mémoire et transformation.

À Lyon, une exposition comme un passage
Avec Quand la montagne passe ?, SongLin Ji propose moins une représentation de la montagne qu'une expérience de son déplacement.
Une montagne qui change de territoire.
Une montagne qui change de matière.
Une montagne qui devient mémoire.
Une montagne qui disparaît peut-être, mais dont les traces continuent d'agir.
Et si la question n'était finalement pas de savoir où passe la montagne, mais ce qui passe en nous lorsque nous la regardons ?
Découvrir l'exposition
SongLin Ji — Quand la montagne passe ? Du 1er octobre au 1er novembre 2026 Vernissage : Jeudi 1er octobre 2026 à 18h30
Nouvel Institut Franco-Chinois de Lyon
2 rue Sœur Bouvier, 69005 Lyon
En partenariat avec LooLooLook Gallery En résonance avec la 18e Biennale de Lyon 2026
Questions fréquentes
Où et quand voir Quand la montagne passe ?
L’exposition de SongLin Ji est présentée du 1er octobre au 1er novembre 2026 au Nouvel Institut Franco-Chinois de Lyon, 2 rue Sœur Bouvier, 69005 Lyon.
Que représente la montagne dans le travail de SongLin Ji ?
La montagne devient un espace de passage entre paysage, mémoire, matière et expérience humaine. Elle permet aussi d’interroger les relations entre individu et collectif, ainsi que les circulations entre la Chine et la France.




Commentaires